Un jour au ministère…

Deux Odettes voyageuses devant un grand bâtiment imposant : bienvenue devant le ministère des affaires sociales et de la santé ! C’est là que nous témoignons dans le cadre des Journées du réseau des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Une salle dans un dédale de couloirs, , la présence bienveillante de Stéphanie Riquart, adjointe de la cheffe de service de droit des femmes et animatrice de l’atelier, quelques minutes pour se préparer, puis une trentaine de déléguées s’installent, dans une écoute attentive.

Et voilà Hélène en train de raconter l’histoire des Odettes.

Son défi ? Elle a quelques minutes pour résumer une aventure qui a duré six ans ! Notre film passe en un éclair. Les applaudissements fusent, nous sommes émues et nous avons une pensée pour nos Odettes, là-bas à la maison. Quelques mots et tout y est : la démarche appréciative, la force d’un collectif atypique, le chemin parcouru : 6 magazines en cinq ans pour faire découvrir les initiatives positives de la ruralité et retrouver le chemin de l’emploi. Notre envie de continuer l’aventure, le déploiement de notre réseau de femmes, notre volonté de porter la voix des femmes rurales pour faire évoluer les regards et les stéréotypes. Bip bip bip… Le temps est écoulé.

Au tour d’Arnold Bornet de France Active d’expliquer en quelques mots le FGIF (fond de garantie à l’initiative des femmes), nous expliquant qu’un pourcentage non négligeable de femmes rurales obtenaient ce fond de garantie, pour des activités variées et pas forcément agricoles, avec des risques égaux… Chez nous, ce dispositif unique, qui combine une garanti sur un prêt bancaire sans caution personnelle et une expertise financière gratuite, est porté par Initiactive.

Le but de cet atelier ? Pouvoir commencer à esquisser des outils de réflexion et d’avancée pour favoriser le retour à l’emploi pour les femmes, à partir de notre expérience des Odettes, des réflexions d’Arnold Bornet et des retours d’expérience des déléguées territoriales. Les questions fusent, et nous voici toutes ensemble réunies pour tenter de combiner les problématiques de la création d’entreprises dans les territoires fragiles” comprenant à la fois les territoires ruraux et “les quartiers politiques de la ville” (les quartiers sensibles ou les cités, quoi).

Des territoires très différents, et pourtant, le groupe remarque des similarités évidentes dans les enjeux liés au retour à l’emploi : problématiques d’isolement, de mobilité, méconnaissance de notre territoire de vie, stéréotypes durs à assumer, précarité d’autant plus présente que les structures d’emplois et les politiques publiques sont souvent éloignées de ces territoires, et enfin les freins que l’on se met à soi-même en refermant le champ des possibles et en s’astreignant à certains types de métiers… Alors, comment transformer tout cela ? Nous avons fait le choix au sein d’Odette de ne pas nous arrêter à ces freins et problématiques, mais de commencer par nous concentrer sur nos talents, nos atouts et ceux de nos territoires ! Tout le contraire de la procédure habituelle…

Les personnes présentes nous renvoient d’ailleurs une vision intéressante des bonnes pratiques que nous avons mises en place dans notre collectif :

  • la possibilité de retrouver une autonomie accrue, un “empowerment”,

  • l’envie de rompre l’isolement, et de s’appuyer sur la force du collectif et sur un réseau naissant pour mettre en avant ses compétences et élargir les opportunités d’emploi,

  • La possibilité au sein d’un projet collectif de rassembler les énergies pour mieux connaître son territoire et ses acteurs clés,

  • de retourner vers une nouvelle démarche professionnelle en bénéficiant d’un accompagnement collectif fort des compétences de chaque membre du groupe,

  • une facilité accrue à identifier les structures d’accompagnement et leurs permanences (centres de ressources, banques, associations locales, CIDFF, France Active, boutiques de gestion, élus…),

    une vraie capacité à devenir plus souple en découvrant de nouvelles formes de travail : pluridisciplinarité, espaces de coworking, coopératives d’activité, aides à l’emploi.

 

 De nombreuses questions en suspens sont identifiées par les déléguées : quelles stratégies pourraient-elles développer pour pallier à la désaffection des services publics et donner les bonnes informations à tous, pour donner la bonne impulsion qui permettra de passer de l’idée au projet concret ? Elles soulignent la nécessité pour elles de bien comprendre les particularités de ces territoires et les aspirations personnelles des femmes en recherche d’emploi ou en création d’activité, tout en veillant à ne pas instaurer plus encore de précarité par la multiplication des temps partiels s’ils sont imposés et non choisis.

En les écoutant parler, nous sommes touchées par l’évidente implication de ces chargées de mission, et leur volonté de faire avancer les choses dans un contexte politique complexe. Elles échangent avec nous leurs retours de terrain : l’une a développé un collectif de femmes très dynamique dans la région de Troyes. Une autre a des interrogations sur la possibilité de faire une passerelle entre les Odettes et des femmes d’une banlieue de son territoire. Une troisième nous confie que des initiatives comme la nôtre lui redonnent de l’espoir, tandis que deux autres discutent à bâton rompu…

« Nous n’étions qu’un atelier au sein de deux journées de rencontres et d’échanges, mais cela nous a donné un aperçu des questionnements et des croisements d’idées de ces femmes en charge de l’égalité femme-homme sur nos territoires. Nous en ressortons un peu intimidées à l’idée que notre petite expérience puisse ainsi permettre de faire avancer ces questions au niveau national, mais très fières de pouvoir apporter notre pierre à l’édifice ! »

Elena pour les Odettes, mars 2016

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